samedi 5 novembre 2011

SAGMEISTER (Stefan), PROD'HOM (Chantal), WOODTLI (Martin), Another Book about Promotion and Sales Material, Lausanne, MUDAC, Paris, Pyramyd, 2011.

SAGMEISTER (Stefan), PROD'HOM (Chantal), WOODTLI (Martin), Another Book about Promotion and Sales Material, Lausanne, MUDAC, Paris, Pyramyd, 2011.

P.5
En Europe et particulièrement dans les pays francophones, il existe une très nette distinction entre le monde du graphisme dit "culturel" et celui du monde commercial. Les bons graphistes sont considérés comme tels lorsqu'ils travaillent pour des structures culturelles alors que les designers vivant de projets commerciaux ne sont pas particulièrement considérés. Notre studio s'intéresse et travaille dans les deux domaines car cette vision quelque peu manichéenne - La culture c'est bien , le commerce non - n'existe pas aux États-Unis. Il est par contre évident que les mandats commerciaux ont bien plus d'impact et touchent bien plus de gens que les travaux réalisés pour des clients évoluant dans le monde de la culture, ce qui est bien sûr important pour un studio comme le nôtre. Cette réflexions m'ont donc amené à me concentrer sur les travaux de commande autant culturels que commerciaux, …

P.6
Après 17 années passées à New-York, mon rapport à la vente a certainement changé. Dans tout ce que nous faisons, tant dans notre vie privée que professionnelle, la notion de représentation - dans le sens se mettre en avant, de se montrer sous ses meilleurs angles et donc de se "vendre" - est omniprésente. Les mécanismes mis en oeuvre sont devenus du coup les mêmes dans les 2 pans essentiels de nos vies. En même temps, tout ce que nous entreprenons dans le monde du design est étroitement lié à la communication, à la manière de se présenter, d'échanger, de se vendre. A partir de là, l'outil primordial doit être le bon sens et cela est très important car, de mon point de vue, il représente la base de toutes les stratégies et de tous les mécanismes de vente, tant commerciales que privées.

P.42
Identité visuelle de a Casa da Musica
La commande consistait à concevoir l'identité complète de la Casa da Musica, le centre de musique, réalisé par Rem Koolhaas dans la ville portuaire de Porto, au Portugal. L'envie première de créer une identité visuelle dont le bâtiment serait absent s'est révélée impossible parce que, après une étude approfondie, il est apparu que le bâtiment était lui-même un logo. Cependant l'agence a souhaité ne pas se limiter à une interprétation de plus d'un bâtiment. Elle a donc élaboré un système par lequel cette forme immédiatement reconnaissable, unique et moderne, se transforme d'application en application tel un caméléon, se métamorphose de média en média; le bâtiment réel étant l'ultime interprétation (en haute résolution) d'une longue série de logos. L'objectif était de privilégier la vaste palette de musiques qui sont jouées ici, le centre réagissant à la musique qui l'anime tel un dé que l'on jette, révélant autant de facettes que de musiques différentes. Un générateur de logos Casa da Musica fut développé - un logiciel conçu sur mesure connecté à un scanner qui transforme en une fraction de seconde n'importe quelle image en image animée et photo, pour en faire un logo Casa da Musica.


P.61
Une question de posture - Martin Heller
Une chose est certaine : la posture de Stefan Sagmeister est bonne. (Cette appréciation, comme tout ce qui suit, est une interprétation - nous ne nous sommes encore jamais entretenus sur ces questions. Peut-être va-t-il régulièrement chez le phytothérapeute ? Peut-être suit-il des cours de Pilates ?) Sagmeister se tient droit, malgré sa haute taille. Cela fait forte impression sur les photos de lui qui sont en circulation. Consultez, par exemple, les illustrations fournies par Google : du fait de sa posture, elles donnent de lui une image d'ouverture et de fraicheur, de charme juvénile, avec un regard assuré et le plaisir non dissimulé de se mettre en scène. 


P.62
Intégrer le jeu dans sa posture suppose une certaine mobilité. Être mobile et le rester, tel est l'impératif du postmodernisme.(…)
Celui qui bouge se met en relation - avec l'espace, avec des thèmes, avec son temps et avec l'histoire, avec la politique, avec les autres. (…)
Reste la curiosité. La posture n'est jamais statique; elle a besoin d'impulsion, Stefan est quelqu'un qui pose des question et qui insiste. Toujours. Il se demande pourquoi une chose est telle qu'elle est et non pas différente. Il possède la modestie insouciante du montagnard de Vorarlberg qui se ballade en ville, les yeux ouverts, le regard étonné ou parfois incrédule, et pose des questions tout en sachant très bien oú est sa maison.


P.101
L'Impact Design - joseph V. Tripodi
Winning by design
La société Coca Cola est la preuve vivante que le design a le pouvoir de combler le fossé entre le monde de l'art et du commerce et le transformer un produit de consommation en icône culturelle. Le design est profondément ancré dans l'ADN de notre société puisqu'il a fit son apparition en 1886 déjà, lorsque nous avons conçu la bouteille Coca Cola a contours et , avec elle, posé les fondements de ce qui deviendrait la marque la plus importante du monde. Créée pour répondre aux bessons des consommateurs, des clients, des usines d'embouteillage et des fournisseurs, elle représentait le top du top en termes de forme, de fonctionnalité. De par sa différence, on l'associait immédiatement à la marque. La bouteille à contours, avec son inscription en Spencerian Script et ses autres signes distinctifs de marque, est devenue célèbre et c'est aujourd'hui un classique du design aussi omniprésent que la marque qu'elle arbore fièrement.
Bien que notre entreprise et le monde que nous servons aient considérablement changé en 125 ans, nous continuons d'adhérer aux mêmes valeurs et principes dans notre design. Nous avalons recours au design pour susciter la passion et affirmer notre avantage concurrentiel à tous les niveaux de nos relations à la clientèle - du packaging et du merchandising sur le point de vente à la publicité extérieure et télévisée, jusqu'aux et aux camions de livraison. Cette manière de faire nous permet d'être gagnants au moment de la mise en vente et, par conséquent, de conserver notre capital-marque et notre cote d'amour auprès du consommateur.
Le design nous aide à évoluer pour répondre aux exigences croissantes imposées à notre entreprise tout en restant fidèles à notre marque. Notre approche globale se base sur la théorie systémique. Celle-ci considère le monde comme une série d'éléments étroitement liés qui, avec le temps, produisent  des schémas de comportements uniques. En agissant ainsi, nous favorisons la simplicité, la cohérence et la durabilité. Cela améliore également la façon dont le consommateur ressent nos marques et , en définitive, nous donne l'avantage sur la concurrence.
Nous ne considérons pas le design comme une mode, un vernis de décoration ou quelque chose qui serait réservé à une élite qui seule saurait l'apprécier ou qui 'pigerait'. Pour nous, le design est une science autant qu'un art; il représente notre façon de concevoir notre architecture d'entreprise sur le long terme pour garantir une valeur durable. Le design est incorporé dans tout ce que nous faisons au sein de la société Coca Cola, des business plans et des stratégies de communication jusqu'aux chaînes d'approvisionnement et aux processus de mise sur le marché. Chacun de nous est un designer…, pas seulement ceux qui portent un béret et ne s'habillent qu'en noir.
Nous dessinons littéralement notre propre avenir. Évoluant dans un paysage médiatique fracturé, au capital-temps allant en se raréfiant, notre culture de consommation nous met au défi de concevoir des systèmes flexibles et adaptables, résistant à l'épreuve du temps, et qui son applicables à toutes les régions et à tous les points de contact. C'est ce que nous appelons 'penser le design à partir de l'étalage', car il s'applique véritablement à tous les éléments qui constituent l'ensemble de notre appréhension d'une marque et qui transforment les clients en acheteurs. Pour nous, il s'agit de générer séduction, impulsion et impact. 
Il est évident que la séduction, l'impulsion et l'impact figurent aussi au coeur du travail de Stefan Sagmeister. Comme lui, nous tenons en haute estime un travail à la simplicité faussement trompeuse et un graphisme qui fit réfléchir et qui défie les normes de la pratique traditionnelle. Inclassable, le portfolio de Stefan oscille entre la solennité des images de marque des entreprises et la simplicité organique de ses dessins au crayon d'objets trouvés. Il juxtapose les matières, les images et les typographies dans le but de créer des oppositions saisissantes de principes, de langages visuels et de médias, qui sont à la fois intuitives et exemplaires.
Stefan n'a pas de principes sacro-saints; rares sont les règles qu'il ne se permettra pas de contourner ou d'enfreindre pour provoquer une réaction. Cet ouvrage donne un aperçu passionnant de son langage de communication visuelle, qui se caractérise par un processus de réflexion non linéaire et une approche réellement globale. Libre de toute notion de convention ou de culture, il puise son inspiration à travers le monde, avant de transformer ses impressions en ébauches de concepts - démontrant ainsi que de grandes idées peuvent surgir n'importe oú, n'importe quand…


P.135
Mon Ami - Marian Bantjes
Stefan Sagmeister est l'un des rares designers que je connaisse qui soit vraiment à la hauteur pour réaliser des commandes abouties, percutantes, séduisantes, qui tapent dans le mille à chaque fois et qui portent son empreinte personnelle. La plupart des jeunes designers rêveraient de se trouver dans sa situation sans réaliser combien il est difficile d'y parvenir.
J'ai connu une femme qui voulait être 'créative', ce qui signifiait qu'elle se voyait bien avoir des idées et se débrouiller pour les faire réaliser par d'autres. Je crois que nous nous sommes tous trouvés un jour ou l'autre à prendre un verre ou deux, ou plus, entre amis ou collègues, et à lancer des idées géniales, farfelues, qui, au bout du compte, se révèlent indéfendables à tête reposée. Je m'imagine très bien la scène ; 'Et si on prenait deux bus, qu'on les coupait en deux et qu'ensuite on les recollait l'un sur l'autre, comme ça on aurait deux bus fixés dos à dos qui rouleraient !' ou bien : 'Hé, et si on formait des mots à partir de tiges de bambou pour ensuite y mettre le feu et filmer le résultat ?' Ouais, super idée, mais comment ?
La différence entre Stefan et nous, c'est que non seulement il a ces idées formidables, mais qu'il semble ne jamais devoir 'se réveiller' pour finalement conclure : 'Ouais, bon, d'accord'. Il possède ce talent incroyable pour les choses qui se réalisent. En fait, je me demande s'il lui arrive même d'avoir des idées indéfendables. Il est bien trop intelligent, tenace et persuasif pour permettre au brio de son imagination de se laisser réprimer par quelque chose d'aussi prosaïque que la faisabilité. J'en ai même fait brièvement l'expérience moi-même quand, lors d'une conférence, nous avions improvisé une situation humoristique pour une des présentations de la journée. En l'espace de quelques minutes, il était parvenu à persuader trois participantes de se laisser photographier seins nus ainsi qu'un vénérable représentant de la scène du design (un allemand, en plus !) de poser assis sur les toilettes, le pantalon baissé. Moi, j'étais chargée de la troisième partie : obtenir d'Éric Spiekermann qu'il pose avec une inscription écrite au rouge à lèvres sur le torse et j'ai échoué dans cette simple tâche. Si j'étais employée dans l'agence de Stefan, je suis sûre qu'il m'aurait congédiée.
Non seulement Stefan sait trouver les personnes capables de l'assister, mais il est aussi le directeur artistique accompli au coeur de chaque projet, expérimentant et explorant sans cesse les options possibles qui garantiront un résultat parfait. Et naturellement, il se retrouve souvent en train de se débattre avec du scotch isolant argenté dans une piscine, de se balancer au bord d'une fenêtre et de grimper sur des toits avec des herbes et des feuillages. En définitive, dans chaque situation, il va jusqu'au bout de son projet. Les idées sont treize à la douzaine; nous sommes tous des créatifs…, mais combiner ainsi des idées non seulement bonnes mais même excellentes et les mettre à exécution de manière aussi géniale est particulièrement rare et nous avons la chance d'en profiter.
L'essentiel de son travail s'articule autour de l'idée de la transformation. Ainsi, il imagine des messages qui disparaissent ou se modifient avec le temps; de la photographie, des matériaux, des effets et des films qui parlent de la notion d'éphémère, de transformation et de dissolution. Rien n'est tel qu'il y paraît et demain sera peut-être différent encore. Son travail n'est jamais prévisible. Tandis que l'idée est souvent simple, sa réalisation requiert généralement beaucoup de travail ou alors elle est complexe d'un autre point de vue et rien de tout ceci n'échappe au visiteur. Là où il serait possible de passer de longues heures et de dépenser une forte somme d'argent pour aboutir à un résultat banal, le travail de Stefan ne manque jamais d'enchanter et de surprendre. Son travail a une dimension ludique, joyeuse et belle sur un fond d'intelligence a l'état pur; il nous rend curieux et heureux mais, en fin de compte, il nous convainc. Il est le chef moléculaire du Steakhouse.
Bien qu'il ait flirté avec le monde de l'art, Stefan demeure un designer : ses méninges remuent dès que le client appuie sur la détente mais sa cible et son but sont bien sa vision personnelle. A mon avis, ceci a son importance car ce travail fascinant atteint son public d'une manière qui serait peu probable s'il pratiquait les beaux-arts…


P.167
Stefan est une pop star - Mieke Gerritzen
(…) 
De nos jours, au XXIème siècle, le graphisme ne se limite plus à la conception d'imprimés; il s'est élargi désormais à un domaine en grande partie conceptuel qui lie diverses disciplines entre elles par l'image, via les médias. Tout ce qui nous entoure est en train de devenir média et le média est en train de devenir image.
Aujourd'hui nous communiquons bâtiments, voitures, personnes et choses...

mercredi 12 octobre 2011

LUCAS (Gavin), Guérilla publicitaire, Paris, Pyramyd, 2011, traduction française 2011.

LUCAS (Gavin), Guérilla publicitaire, Paris, Pyramyd, 2011, traduction française 2011.

(à propos de l'auteur voir aussi : 

Creative review

Laurence King Publishing
"Gavin Lucas is Staff Writer at the leading monthly communication arts journal Creative Review. He is the author, with Michael Dorrian, of Guerrilla Advertising: Unconventional Brand Communication.")



P.8
"Les progrès de la technologie nous offrent des façons toujours plus complexes et sophistiquées de communiquer, d'accéder aux informations et de les partager. Difficile de croire qu'il y a cinq ans, Facebook et Twitter étaient inconnus du grand public… qu'Apple n'avait pas encore sorti son premier téléphone portable, l'iPhone. Difficile également d'imaginer que dans cinq ans, Facebook, Twitter, liPhone et l'iPad auront peut-être été détrônés par de nouvelles technologies et de nouveaux concepts qui sembleront plus utiles ou pertinents pour nos futurs modes de vie."

"Marques et publicitaires doivent surmonter un défi permanent : le parasitage que constitue simplement les formes évidentes et établies de publicité dans la vie effrénée des consommateurs d'aujourd'hui. 'si nous nous entêtons à croire que nous faisons de la pub, nous ne ferons pas de vieux os', prévenait Ty Montague, alors co-président et directeur de la création à JWT New York, dans l'avant-propos du premier livre consacré à la guérilla publicitaire."

p9
"La prédiction de Montague, qui clamait que les agences de pub traditionnelles seraient forcées de laisser tomber leurs formules éculées pour de nouvelles méthodes de communication, est en train de se réaliser."…

"La pub est devenue un fourre-tout où sont reléguées pêle-mêle les différentes approches de la communication publicitaire avec lesquelles les agences doivent désormais composer : le marketing publicitaire, expérientiel, d'ambiance, télévisuel, dans la presse, numérique et intégré, à 360º, ou encore le guérilla marketing."

"Ce bouleversement s'opère à un tel rythme que l'industrie de la publicité ne peut s'en tenir à des formules comme elle l'a fait durant la deuxième moitié du XXè siècle, où régnait le spot publicitaire de trente secondes."

" Tous ces gadgets miniaturisés (iPhones et autres smartphones) permettent de regarder la télévision, d'accéder à sa messagerie, de chercher et d'ouvrir des liens vers un contenu suffisamment séduisant pour capter  notre intérêt, mais aussi de créer et de partager notre propre contenu…où que l'on se trouve."

p. 9-10
" Les consommateurs peuvent également utiliser leurs ordinateurs pour acheter des produits en ligne. Les marques ont compris qu'elles pouvaient offrir des services via ces dispositifs et communiquer de façon vraiment utile avec leurs clients. Des centaines de milliers d'applications (les 'apps') pour liPhone sont téléchargées chaque semaine sur l'App Store d'Apple, notamment des jeux et outils pratiques pour profiter des ses fonctionnalités : écran tactile, accéléromètre, appareil photo ou GPS intégré.(…)les publicitaires s'y intéressent beaucoup. L'agence londonienne Brothers and Sisters, par exemple, a créé une application iPhone intelligente qui emploie Google Maps et la technologie du balisage géographique pour associer des images historiques de Londres et des collections d'art et de photographie du Musée de Londres à des lieux qui existent réellement sur la carte (voir p. 90-95). Les visiteurs peuvent également, pour chaque site, cliquer sur le bouton ' vision en 3D ' : l'application reconnait instantanément la localisation de l'utilisateur et superpose l'image historique à celle de l'appareil photo de l'Iphone."

p.10-11
" Ce serait pourtant se tromper lourdement que de croire que la pub télé est morte et enterrée.(…) grâce à la spécialisation des chaînes, les publicitaires peuvent s'adresser directement au public ciblé. En outre, la télévision numérique offre de nouvelles possibilités. Une publicité apparemment traditionnelle peut inciter l'utilisateur à explorer le contenu interactif en appuyant sur un bouton de la télécommande…
La campagne ' Danse ' de Saatchi and Saatchi pour T-Mobile (voir p.178-179) illustre ce type d'approche. Dans la matinée du 15 janvier 2009, une dizaine de danseurs, se fondant dans la foule des centaines d'usagers passant par la gare londonienne de Liverpool street, ont accompli un numéro en direct sur un medley de tubes incontournables des boites de nuit, diffusé sur le système d'intercommunication de la station. Des caméras cachées ont filmé l'événement… ainsi, que les réactions spontanées des usagers. Quarante-huit heures plus tard, un film de trois minutes était diffusé à la télévision, occupant une pause entière pendant l'émission Celebrity Big Brother sur Channel 4. Après cette première diffusion, une version de soixante secondes est passée pendant dessus semaines, suivie de pubs intégrant des informations spécifiques sur le produit et son prix. Les spectateurs étaient incités à appuyer sur le bouton rouge de leur télécommande pour visionner des bonus.
En parallèle, T-Mobile a créé une chaîne You Tube oú les utilisateurs pouvaient poster leurs vidéos et visionner des films de célébrités en train d'apprendre la danse de T-Mobile auprès du choréraphe Bryony Albert. Toute les variantes de la campagne portaient le slogan ' Life's for sharing ' (la vie, c'est le partage) : Le réseau de T-Mobile offre à ses clients le moyen de partager les moments importants de la vie…
Comme le montre cette campagne, la communication publicitaire porte de moins en moins sur la transmission de messages et de plus en plus sur l'implication et l'interaction sociale. Les marques cherchent à alimenter les communautés de consommateurs fidèles. Et pour se faire elles doivent comprendre leur public.(…) Si on ne perçoit pas correctement ses besoins, envies, aspirations, comment retenir son attention, gagner son respect, et, en dernier lieu, le persuader d'investir dans ce que l'on a à offrir ?"

p.11
" S'il est plus complexe encore à orchestrer, le traitement de la communication publicitaire par les mass media n'est jamais redondant. Dans ce livre, sont présentées plusieurs campagnes qui, bien qu'installées dans des lieux spécifiques (choisis en fonction de leur taux de fréquentation), ont été conçues pour impressionner ou attirer suffisamment l'attention de la presse et ainsi atteindre un public plus large. Par exemple, la campagne ' l'équipe impossible ' de TBWA Berlin pour Adidas (présentée pages 154-155) montrait les sculptures géantes de onze footballeurs européens de haut niveau (tous sponsorisés par Adidas, bien entendu) dans le hall de la gare centrale de Zurich pendant toute la durée de l'Euro 2008. D'après les autorités ferroviaires suisses, 13 millions de personnes environ seraient passées par cette gare au cours des trois semaines que durait le championnat. L'installation gigantesque était impossible à rater. De nombreux médias comme la BBC, le Financial Times, Die Welt, La Gazetta delà Sport, Le Parisien, et NRC Handelsbald. ont relayé l'événement sur la page d'accueil de leurs éditions en ligne, et des dizaines, si ce n'est des centaines de blogs à travers le monde en ont parlé. "

" A une époque où les médias et internet mettent la main sur le monde, les campagnes de pub doivent redoubler d'ingéniosité et de pertinence pour impressionner et attirer le public souhaité. Si elles échouent, le public, c'est-à-dire nous, ne manquera pas d'investir ces mêmes espaces pour conspuer leurs efforts au lieu de les acclamer. "



Liens vers les projets


dimanche 6 février 2011

ROUACH (Daniel), La Veille technologique et l'intelligence économique, Paris, PUF, Que sais-je ?, 1996, 5è édition mise à jour, 2010.

ROUACH (Daniel), La Veille technologique et l'intelligence économique, Paris, PUF, Que sais-je ?, 1996, 5è édition mise à jour, 2010.


p.5
« (...) la veille conduit à transférer DES CONNAISSANCES DE L'EXTERIEUR VERS L'INTERIEUR de l'entreprise, (...) »

p.6
« Le plus impressionnant est le travail de collecte des grandes sociétés de commerce japonaises, les sogo shohas. Celles-ci opèrent avec minutie et précision, grâce à une toile de réseaux tissée à l'échelle mondiale.
Le Japan Information Center on Science & technology publie chaque année plus de 1 500 000 synthèses ou résumés destinés aux entreprises.
Le stockage de l'information est un des domaines où excellent les japonais qui ont donné un nom à cette religion de l'information : la kodojoho shakai qui signifie : " société de haute information ". »


p.9
Chap. 1
L'Intelligence économique
« Elle est avant tout la rencontre entre l'ignorance et la volonté de s'affranchir de cette ignorance. » BESSON (P.), Introduction à l'intelligence économique, Chlorofeuille, 1994.

p.10
« Dans un entretien accordé aux cahiers de la compétitivité daté du 13 juin 2007, Alain Juillet précise que : " le concept d'intelligence économique est nouveau. Défini et formalisé depuis vingt ans, ce concept s'est progressivement implanté, car il correspond à une vraie nécessité. Par ailleurs, les outils informatiques ont été mis en place il y a quelques années seulement. On peut dire que l'intelligence économique est la fille de la mondialisation et des nouvelles technologies de l'information. »

p.10
« L'intelligence économique peut être définie comme l'ensemble des actions de recherche, de traitement, de diffusion et de protection de l'information utiles aux différents acteurs économiques. Ces acteurs sont conçus comme un système global destiné à inspirer la stratégie de la direction générale de l'entreprise, tout comme à informer en continu et à innerver ses différents niveaux d'exécution, afin de créer une gestion offensive et collective de l'information, qui devient une richesse principale. » Rapport du groupe présidé par Henri Martre, La Documentation française, 1994.

p.12
L'Importance fondamentale de l'intelligence économique.
« Depuis des siècles, les progrès scientifiques, les avancées technologiques reposent sur une sédimentation des connaissances dont le transfert se fait vers les utilisateurs par des processus variés parmi lesquels la publication écrite (journaux scientifiques, rapports, comptes rendus de colloque, sites internet...) prend une large place. Cette structuration de diffusion de l'information subit, depuis quelques dizaines d'années, des modifications profondes sous l'effet de l'augmentation du volume des travaux publiés et sous l'effet des techniques de diffusion. »

p.13
« D'autre part, les coûts de la recherche et de développement deviennent de plus en plus élevés : dupliquer une recherche, s'orienter vers des voies sans issue, se laisser surprendre par des concurrents n'est plus acceptable. »

p.14
« La maîtrise de l'information ne concerne plus seulement les produits, les clients, les technologies, les fournisseurs, mais aussi la détection des zones d'ignorance (points aveugles par où peut venir la rupture stratégique) ou des nouveaux entrants (mieux vaut acheter bon marché une start-up innovante que de payer cher une société plus grosse). »

p.15
« Un défi supplémentaire est la révolution numérique. Avec Gutenberg, l'écrit supplantait l'oral dans la gestion de l'information. Avec internet, les organisation passent du papier à l'électronique. L'information, qui était autrefois diffusée au goutte-à-goutte dans les entreprises, est aujourd'hui distribuée à torrents par internet et les intranets. travailler  plus et mieux n'est pas suffisant. Il faut pratiquer de nouveaux médias de communication (comme le courrier électronique, les forums de discussion) et de nouveaux outils (les logiciels d'analyse sémantique de cartographie de l'information, les agents intelligents). »

p.16
Liste de sites sur l'intelligence économique et la veille technologique :

lemondedurenseignement.hautetfort.com/
www.ie-news.com
www.spyworld-actu.com/
www.infoguerre.com
www.ihedn.fr
www.industrie.gouv.fr
www.ege.fr
http:/c.asselin.free.fr

Revues spécialisées en intelligence économique :

Regards sur l'IE
Global Security
Veille Magazine
Technologies internationales (ADIT)
Archimag


p.18
chap.2
La Veille technologique
« Elle est comme le dit Steven C. Wheelwright : constituée par l'ensemble des techniques visant à organiser de façon systématique la collecte, l'analyse, la diffusion de l'exploitation des informations techniques utiles à la sauvegarde et à la croissance des entreprises. »

p.19
« L'information recherchée relève des différents services de l'entreprise qui participent au processus de développement de produits : recherche et développement; finance, marketing, production, vente, etc.
Dans une interprétation restrictive, la veille technologique n'est qu'un recueil passif d'informations technologiques. L'intelligence économique regroupe les deux types de recherche d'informations active et passive, dans toutes les activités de l'entreprise. »

p.20
Un tableau décrit les différents types de veille ;
associée à la recherche et au développement, on trouve la veille technologique. Existe aussi la veille marketing, la veille financière, la veille production, et la veille commerciale.

p.21
Objectifs de la veille technologique :
« La détection des signaux faibles, (...) »

« Le premier pôle (marché) de la méthode est centré sur l'analyse concurrentielle. (...)
Les résultats de cette analyse sont intégrés dans le deuxième pôle (technologie) qui évalue les technologies en analysant leurs conditions d'accès, leurs rythmes et leurs potentiels de progrès.
Le Troisième pôle (stratégie) confronté aux deux premiers évalue la stratégie de l'entreprise par une analyse intrasectorielle. Celle-ci permet d'identifier des groupes d'entreprises poursuivant des stratégies comparables, à partir d'une description analytique discriminante des stratégies des concurrents.
Le dernier pôle (produit) permet d'étudier les produits futurs dans leurs fonctions et leurs valeurs. L'articulation particulière des pôles permets la conduite et l'orientation des recherches d'informations provenant des résultats d'études bibliométriques et de groupes de travail d'experts. »


« Les signaux isolés, sporadiques... doivent être détectés par les veilleurs technologiques, c'est l'objectif essentiel de la veille technologique. »




dimanche 9 janvier 2011

FROMMER (Franck), La Pensée PowerPoint : Enquête sur ce logiciel qui rend stupide, Ivry/Seine, La Découverte, Cahiers libres, octobre 2010.

Buzz à propos de l'ouvrage :
FROMMER (Franck), La Pensée PowerPoint : Enquête sur ce logiciel qui rend stupide, Ivry/Seine, La Découverte, Cahiers libres, octobre 2010.

Texte présentant l'ouvrage, issu du site de la maison d'édition :
« Qui est aujourd'hui l'ennemi numéro un de l'armée américaine ? Les Talibans ? Al-Qaida ? L'Iran ? Non, l'ennemi, c'est PowerPoint, comme l'a affirmé, en avril 2010, le général des Marines James N. Mattis, selon lequel « PowerPoint nous rend stupides ».
Apparu en 1987, ce logiciel destiné à fabriquer des présentations visuelles pour soutenir des exposés oraux est devenu en quelques années un outil indispensable de communication dans le monde de l’entreprise. Un outil dont le succès a dépassé les espérances de ses créateurs car, de fait, plus aucun domaine d’activité n’est épargné aujourd’hui par le défilement des slides animé et la succession des « bullet points » : du conseil d’administration aux assemblées municipales, de la publicité aux nouvelles technologies, des ministères à l’école ou à l’hôpital.
Franck Frommer présente la première enquête sur ce logiciel devenu incontournable. L’auteur, qui évolue depuis des années dans la « culture ppt », a visionné des centaines de présentations et analysé en profondeur la « pensée » PowerPoint, avec ses listes à puces, ses formules creuses et sa culture du visuel à tout prix. Où il apparaît que PowerPoint se révèle une puissante machine de falsification et de manipulation du discours, transformant souvent la prise de parole en un spectacle total où la raison et la rigueur n’ont plus aucune place. Plus grave, ce logiciel a fini par imposer de véritables modèles de pensée issus du monde de l'informatique, de la gestion et de la communication. Des modèles diffusés par des consultants à l'ensemble des activités sociales, distillant une novlangue particulièrement indigente qui n’a pas d’autre effet que de nous rendre … stupides.
Après la parution de ce livre, M. Chem Assayag nous a signalé qu'il avait lui-même publié en 2005, sur son blog, un bref article également intitulé « La pensée PowerPoint », ce qu'ignoraient aussi bien l'auteur que l'éditeur. Même si un tel titre ne peut prétendre à l'originalité, c'est bien volontiers que nous indiquons l'adresse de cet article : http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-pensee-powerpoint-3305 »

http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_pensee_PowerPoint-9782707159533.html 



 M. Chem Assayag n'est sans doute pas le seul à revendiquer le fait d'avoir déjà traité le sujet « Powerpoint. » Ainsi, sur wikipedia, on peut lire :

« Critiques de PowerPoint
Une principale source de critiques de PowerPoint vient d'Edward Tufte, un professeur de statistiques et de conception graphique, retraité de l'Université Yale. Il critique de nombreuses propriétés émergentes de l'application[7]:
    •    elle est utilisée pour guider et rassurer le présentateur, davantage que pour donner des indications à l'auditoire ;
    •    des tableaux et graphiques inutilisables en raison de la trop basse résolution de l'affichage de l'ordinateur ;
    •    l'outliner entraînant une hiérarchisation inutilement complexe des idées, elle-même faussée par le besoin de réaffirmer la hiérarchisation sur chaque diapo ;
    •    la progression linéaire forcée à travers cette hiérarchie (alors qu'avec les dossiers sur papier, les lecteurs pouvaient parcourir et associer les éléments à loisir) ;
    •    les choix typographiques douteux et les mises en page malhabiles conçues par des présentateurs sans compétences graphiques ;
    •    une pensée simpliste dont les idées sont écrasées dans des listes étriquées, et des synopsis avec un début, un milieu et une fin ;
    •    une image d'objectivité et de neutralité que l'on tend à associer à la science, à la technologie, et à confondre avec un argument massue.
Au bout du compte, chaque présentation ressemble à celle du voisin, étant donné la pauvreté de la bibliothèque de modèles fournis.
La critique de Tufte sur l'usage de PowerPoint s'est étendue à son usage par les ingénieurs de la NASA lors des événements qui ont conduit au désastre de Columbia. L'analyse de Tufte d'une planche PowerPoint standard de la NASA est incluse dans une pleine page intitulée « L'enginierie par les Viewgraphs »[8], dans le Volume 1 du rapport d'enquête sur l'accident de bord de Columbia.
Le général en:James Mattis « Power Point nous rend stupides ! », « Il y a des problèmes dans le monde qui ne sont pas bullet-izable, c'est dangereux parce que cela créé une illusion de compréhension, et c'est l'illusion qui demeure »[9].
Franck Frommer dans son ouvrage « La Pensée Powerpoint : enquête sur ce logiciel qui rend stupide »[10] dénonce, de son côté, le formatage par le bas de la pensée auquel ce logiciel contribue, en créant les conditions d'une certaine analphabétisation [11] »

[7]  - Edward Tufte. The Cognitive Style of PowerPoint: Pitching Out Corrupts Within (Second edition). Graphics Press, 2006.
[10] - La Découverte, 2010.
[11] - Le Monde Magazine n° 57, 16/10/2010, p. 30 et suiv.
 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Microsoft_Office_PowerPoint#Critiques_de_PowerPoint





« Dans un livre intitulé La Pensée PowerPoint : Enquête sur ce logiciel qui rend stupide, Franck Frommer questionne l'impact du logiciel de présentation de Microsoft sur notre mode de pensée. Une critique qui n'est pas neuve, mais les choses auraient même empiré. Qu'en pensez-vous ?

Le montage vidéo, accessible directement dans Powerpoint 2010.
Microsoft
PowerPoint nous rendrait-il stupides ? C'est la question que pose Franck Frommer, ancien journaliste entré en communication il y a une vingtaine d'années, dans son livre La Pensée PowerPoint : Enquête sur ce logiciel qui rend stupide, paru le 7 octobre. Il y dénonce les effets insidieux de ces présentations formatées sur notre façon de penser : une nouvelle culture business où la forme prend le pas sur le fond, la simplification est la règle, la manipulation de l'auditoire une discipline qui s'apprend. Son propos n'est pas une critique du logiciel, mais de l'usage qui en est fait et des travers qu'il révèle sur le monde de l'entreprise.
"Pour faire entrer ce que l'on veut dire dans le cadre très contraignant de la dizaine de maquettes proposées, il faut couper, recouper les phrases, éliminer tous les liens logiques. Bon nombre d'ingénieurs, de managers, de financiers se plaignent de passer des heures à "faire de la slide" plutôt que de se consacrer à leur activité de base", explique l'auteur dans une interview au journal Le Monde.
Cela fait en effet bien longtemps que les présentations Powerpoint ne sont plus réservées aux seuls consultants. Les cadres, comme les créateurs d'entreprise, en sont passé maîtres pour vendre leurs idées. Ainsi Rafi Haladjian, cofondateur de Violet (créateur du Nabaztag), écrivait en 2003 dans un livre intitulé Devenez beau, riche et intelligent, avec PowerPoint, Excel et Word, qui revenait sur son aventure de pionnier de la nouvelle économie : "PowerPoint était l'outil par excellence pour lyophiliser votre projet et le servir chaud en quarante-cinq minutes à ceux qui tenaient les cordons de votre avenir. Selon le ratio traditionnel de trois minutes par slide, la complexité du monde et du business devait pouvoir se décrire en quinze tableaux, écrits en grand. En quinze pages écrites en grand, toutes les histoires ressemblent à des livres pour enfant de trois ans."
Ses critiques à l'égard de l'outil de présentation de Microsoft sont les mêmes que celles de Frommer aujourd'hui. "De clic en clic, il passe de slide en slide et ses petits rots de pensée s'emboîtent. Son discours semble évident, automatique. La présentation PowerPoint devient un outil de domination et d'anesthésie. Si la religion était l'opium du peuple, PowerPoint est celui du cadre." En résumé, "De tous nos outils, PowerPoint est aujourd'hui celui qui structure le plus notre façon de penser." »

http://www.lexpansion.com/high-tech/l-intelligence-est-elle-soluble-dans-powerpoint_240893.html



« (...) Mais, la rébellion gagne du terrain – certains parlent de “mort par PowerPoint” - et il y a même un général qui les interdit.
D’après le général en question le danger tient à “l’illusion” qu’on peut comprendre quand c’est sur une diapo et qu’on peut contrôler la situation.
L’exposition linéaire – une diapo à la suite de l’autre – n’encourage ni les discussions ni la réflexion critique. Elles permettent aussi d’éviter d’attribuer clairement les responsabilités. Il suffit pour le comprendre de voir celle qui a été utilisée pour convaincre de la facilité avec laquelle serait gagnée la guerre en Iraq .
Un autre général a déclaré “PowerPoint nous rend idiots”
Mais l’auteur de l’article du NYT insiste pour dire que de telles pratiques ne sont pas sur le point de disparaître.
J’ajouterai que ça n’est pas le PowerPoint de Microsoft qui est en question. Key noté d’Apple a exactement le même effet. Ce qui est en question c’est l’usage que nous en faisons.
La force du procédé tient au fait que les gens réagissent particulièrement à l’image, à ce qu’ils voient. Ses limitations proviennent du fait que nous les utilisons mal et ne savons pas nous en détacher.
J’oubliais… les militaires américains semblent d’accord pour dire que les présentations power point marchent très bien lors de leurs briefing pour journalistes. C’est à dire quand leur objectif n’est pas de donner des infos. Ils en apprécient alors le pouvoir hypnotique… »
Blog de Francis Pisani, journaliste indépendant,
http://pisani.blog.lemonde.fr/2010/05/06/du-danger-des-presentations-power-point/



Voir aussi Télérama , « PowerPoint, le logiciel qui ne souffre pas la contradiction », n°3171, 23-29 octobre 2010, p.24


Quelques liens de conseils à propos de Powerpoint:
Faire un Powerpoint à l'américaine
Garrreynolds
Exemples de docs Powerpoint